Au ciné j'ai maté #3 : Décembre 2016




Oyé oyé mes épicéas,

J'admets que je ne commence pas très bien l'année. Je suis toute désorganisée et mon bilan ciné sort encore tardivement. Mais cette fois-ci je m'engage vraiment à publier plus tôt le prochain pour enfin prendre un rythme convenable. Quoi qu'il en soit, en décembre j'ai vu des films tous très différents mais très chouettes. 















Synopsis AlloCiné : Dans son hôpital de Brest, une pneumologue découvre un lien direct entre des morts suspectes et la prise d'un médicament commercialisé depuis 30 ans, le Mediator. De l’isolement des débuts à l’explosion médiatique de l’affaire, l’histoire inspirée de la vie d’Irène Frachon est une bataille de David contre Goliath pour voir enfin triompher la vérité.

J'en pense quoi ? Je ne me souvenais pas vraiment de l'affaire du Médiator (j'avais 12 ans à l'époque et j'avais très clairement d'autres préoccupations comme réussir à manger avec mes bagues par exemple). J'avais donc peur de ne rien comprendre. Mais ce ne fut pas le cas puisque le film est très bien tourné. On rentre directement au coeur de l'affaire dont on comprend les tenants et les aboutissants tout au long du film (je veux dire par là qu'il n'y a pas de scène d'exposition chiante longue et point très originale qui nous explique ne détail le truc). Pour autant le film n'est pas tourné comme un documentaire mais plutôt à la manière d'un thriller. Même si l'on connaît la fin de l'histoire, on est tenu en haleine de bout en bout. La photographie du film n'est pas laissée de côté non plus. J'ai des souvenirs de cadrages très intéressants et inattendus.
En somme j'ai bien aimé ce film, qui montre à quel point les laboratoires pharmaceutiques sont sans scrupule mais avant tout qui expose sans fard le combat mené par Irène Frachon (qui est franchement une femme incroyable).

















Synopsis AlloCiné : Thomas et Thomas cumulent les difficultés. En effet, ils sont trentenaires, parisiens et comédiens... Un jour, ils décident de s'envoler pour Kullorsuaq, l'un des villages les plus reculés du Groenland où vit Nathan, le père de l'un d'eux. Au sein de la petite communauté inuit, ils découvriront les joies des traditions locales et éprouveront leur amitié.
Ce film est la suite d'Inupiluk, un court-métrage servant de prémisse, où les deux Thomas accueillent deux groenlandais à Paris (je ne l'ai pas vu).

J'en pense quoi ? Imaginez une version groenlandais de "Rendez-vous en terre inconnue" (et non pas en terrain connu lololol) sans Frédo Lopez et avec comme protagonistes deux trentenaires parisiens intermittents du spectacle dans la galère, clones de Sammy dans Scooby-Doo. En résulte un film vrai, touchant et drôle, dans des décors incroyables.
Parce que bordel c'est bien beau. Les plans sont géniaux ; on fait face à d'immenses étendues blanches calmes et paisibles, animées par les deux protagonistes aux doudounes colorées. Le film est à la fois drôle - cette scène improbable de remplissage difficile du formulaire pour les assedic - et poétique. Je n'ai pas grand chose d'autre à dire, mis à part que pour un film indépendant, la qualité est bien au dessus de ce à quoi l'on pourrait s'attendre. Et ça fait franchement plaisir.





  

Synopsis AlloCiné : Denis Patar est un père aimant mais débordé qui se débat seul avec l’éducation de ses filles, Janis 13 ans et Mercredi 9 ans, deux boulots et une bonne dose de système D. Un soir Denis oublie, une fois de trop, Mercredi à la sortie de l’école. Une enquêtrice sociale passe alors le quotidien de la famille Patar à la loupe et oblige Denis à un « stage de parentalité ». Désormais les Patar vont devoir rentrer dans le rang…

J'en pense quoi ? Cigarettes et Chocolat Chaud est un bon feel-good movie touchant ancré dans notre société actuelle. J'ai adoré Captain Fantastic (dont je vous en ai vanté les mérites ici) et je pense qu'ici on peut parler de Captain Fantastic à la française - enfin grosso merdo - puisque ce film tourne autour du combat d'un père pour ses enfants, dont l'éducation n'est pas jugée appropriée, mais également du deuil maternel. Les personnages sont attachants, on rit, on verse une larmichette aussi. J'adore la gamme colorée du film ainsi que certaines animations, qui permettent de faire esthétiquement le lien entre le monde des enfants et la dure réalité des adultes. Et s'il vous plaît, la famille est fan de David Bowie - les fillettes sont nommées en référence à des évènements de la vie du dieu chanteur et leur hamster s'appelle Ziggy - ce qui rend mon avis encore plus subjectif. 
















Synopsis AlloCiné : Voici l’histoire des Chandler, une famille de classe ouvrière, du Massachusetts. Après le décès soudain de son frère Joe, Lee est désigné comme le tuteur de son neveu Patrick. Il se retrouve confronté à un passé tragique qui l’a séparé de sa femme Randi et de la communauté où il est né et a grandi.

J'en pense quoi ? Comme cela m'arrive parfois, je suis allée voir ce film d'après son affiche (c'est comme acheter un livre d'après sa couverture, très superficiel m'enfin) et en grande partie grâce aux critiques dithyrambiques inscrites dessus. Et tant mieux. J'avoue avoir somnolé au tout début du film, l'exposition traîne légèrement en longueur - mais disons que cela est plutôt du à mon état de fatigue à ce moment là. Parce que finalement, le film a beau durer plus de deux heures, on ne voit pas le temps passer. Le film est lancinant, comme le deuil du personnage principal.  Casey Affleck est très bon dans son rôle, à la fois détestable et empathique. Les flash-back ne nous perdent pas - chose qui peut parfois arriver - et même si l'on devine les évènements passés avant qu'ils ne nous soient dit clairement, l'émotion est là. J'ai le souvenir d'une scène entre Lee et son ex-femme Randi qui m'a tirée les larmes (je deviens de plus en plus sensible en matant des films c'est terricle). Celles et ceux qui ont vu le film comprendront je pense. 



    

Synopsis AlloCiné : Maureen, une jeune américaine à Paris, s’occupe de la garde-robe d’une célébrité. C’est un travail qu’elle n’aime pas mais elle n’a pas trouvé mieux pour payer son séjour et attendre que se manifeste l’esprit de Lewis, son frère jumeau récemment disparu. Elle se met alors à recevoir sur son portable d’étranges messages anonymes…

J'en pense quoi ? Je ne connais pas du tout le cinéma d'Assayas mais j'étais extrêmement intriguée par ce film. Il a fait polémique à Cannes mais a néanmoins reçu le prix de la mise en scène (ex-aequo avec le film "Baccalauréat" que je n'ai pas vu). Bref, c'est un film qui divise et fait parler, du coup j'étais vachement curieuse, sachant qu'en plus le film tourne autour de l'univers de la mode (pas tant que ça en fin de compte, mais un chouïa quand même). Je suis sortie de la salle en me disant "Meeh". Je ne sais pas trop quoi penser de ce film, c'est un espèce d'hybridation entre un thriller, un film fantastique sur fond de critique sociale. C'est un mix de plein de choses dans lequel j'ai eu du mal à m'y retrouver. Je ne suis pas pour le fait qu'un film doive appartenir à un seul genre et forcément s'inscrire dans une case. Sauf que là j'étais franchement perdue (notons aussi que je suis une chochotte, du coup les scènes "fantastiques" avec des esprits me font flipper). Peut-être que je n'ai pas assez d'expérience cinématographique pour comprendre et apprécier plus des films de cet acabit. Néanmoins, j'ai bien apprécié la prestation de Kristen Stewart. Par ailleurs si vous n'aimez pas cette actrice vous allez avoir beaucoup de mal, puisque sur deux heures de film, elle est constamment à l'écran, à quelques exceptions près.


Quand je fais le bilan, je me rends compte que les trois derniers films de la liste abordent tous la question du deuil de différentes manières, sans pour autant rendre cela complètement déprimant et larmoyant. 
Comme d'habitude, n'hésitez pas à me dire ce que vous avez vu récemment, si vous avez visionné les films dont je parle ou si vous avez des trucs à me conseiller !
Sur ce je vous laisse, j'ai des pancakes à finir de boulotter. 


La bisette ❤︎


La Joconde kangourou


"C'est moi je suis la Joconde
Que de mots vains m'inondent"


"La Joconde", Barbara

Bien le bonjour mes petits sapins,

Je voulais publier plus tôt, malheureusement la rentrée a été l'incarnation du rush. Le premier semestre touchant à sa fin, j'ai eu moult rendus d'un coup, et autant vous dire que je n'étais pas franchement en avance. M'enfin, je me dépatouille et je m'en sors. Tout ça pour dire que je publie cet article avec presque une semaine de retard, car après avoir passé mon temps à bosser, j'avais envie d'être à 21h dans mon lit à mater des séries et ce, tous les soirs de la semaine. Préparez-vous bientôt à un article "Comment apprendre à ne rien branler"



Ce look est pas mal représentatif de l'art de la glandouille que je développe en ce moment. La salopette est bien pratique lorsqu'il s'agit de foutre trois tonnes de choses diverses et variées dans la poche du devant. Portable, crayons, mouchoirs ou encore carte de cantine, cette poche se transforme en deuxième sac à main à un point tel que je ressemble ensuite à un kangourou. Je la mettrais tout le temps si elle m'allait aussi bien qu'avant (c'est à dire en septembre 2015). Pas besoin de vous faire un dessin (je pratique ceci à longueur de journée alors s'il vous plaît, faisons une pause). Le pull que je porte en dessous n'arrange rien il est vrai. Comme dans mon dernier look, il s'agit là encore d'un pull que j'ai récupéré dans un des tiroirs de ma maman. Avec les températures qui baissent (Miss Météo le retour), rien ne vaut un vrai pull en laine de mamie. Bien évidemment le clou du spectacle, que dis-je l'écrou de la représentation, ne sont autres que mes chaussettes Mona Lisa - offertes par ma grand-mère - qui pimpent à peu près n'importe quoi. J'ai l'impression de dominer le monde lorsque je les arbore. Pas que je possède des fantasmes dictatoriaux, m'enfin je me sens cool avec.

C'est Salomé qui a fait les photos. Elle connaît bien mieux Lille que moi, nous avons prévu de shooter d'autres trucs chouettes ensemble. D'ailleurs j'ai répondu à une interview sur son blog, j'y parle de féminisme, de rapport aux fringues et de divagations en tous genres. Quand je m'exprime à l'oral j'ai tendance à partir dans tous les sens et à beaucoup me répéter, et elle a fait un super travail de synthèse et de reformulation.  






Chapeau - H&M
Plaid - H&M 
Manteau - Monoprix
Pull - Homemade
Salopette - Asos
Montre* - Daniel Wellington
Chaussettes - Macy's
Derbies - André





Est-ce que vous aussi vous aimez faire le kangourou avec votre salopette ? Et quelle est la paire de chaussettes la plus folle que vous ayez ?
Sur ce je vous laisse avec Barbara qui est bien plus inondée de mots que moi, j'ai rendez-vous avec mon lit ainsi que les Orphelins de Baudelaire (ils vivent tellement des trucs merdiques que je relativise à côté).


La bise ❤︎

Lettre ouverte à 2016


illustration : Niv Bavarski


Oh 2016 2016

Tu n'as pas été très cool dis-moi. 

Pour commencer, tu as décidé que Bowie allait nous quitter. Tu as brisé mon petit palpitant. Profondément Quand je vois tous les musicos que t'as convié là-haut, ça doit pas mal swinguer. Puis tu ne t'es pas arrêtée. Alep, Istanbul, Bruxelles, Orlando, Bagdad, Nice, Berlin... Tu nous as imposé les morts façon 49.3. Même Vine nous a quitté. À croire qu'un spin-off de GoT était de rigueur pour cette année. 
Oh 2016 2016, tu avais des airs de 1950 parfois. Tu t'es dit que laisser les femmes disposer de leur corps en toute liberté n'était pas ta tasse de thé. T'as même voulu leur interdire d'avorter. Des Highland à l'Iowa, t'as voulu essayer de changer tout ça. Mais ta petite tentative de révolution rimait plutôt avec régression. En haut, en bas, à gauche, à droite (pour citer Yannick), tu as décidé que la tolérance n'était plus très tendance. L'amour entre les peuples c'est dépassé. Ah 2016 on te disait année de la baise mais tu étais plus occupée à déterminer ce qu'est l'identité française. 

Alors certes on pouvait daber, mais tu as cru que ça suffisait pour passer entre les mailles du filet ?

Et en plus on a perdu l'Euro.


Oh 2016 2016
JPP de toi


2016 2016, voyons, ne prends pas la mouche. Tu l'auras compris, ce n'est pas vraiment à toi que je m'adresse. Après tout 2016 c'est quoi ? Quatre chiffres qui ne veulent pas dire grand chose. 2016 c'est qui ?

C'est toi. Oui toi. Et puis le mec là-bas. À la fille à côté de toi. À ton voisin, ton boulanger, ton facteur. Aux gens que tu croises dans le métro. Les médias. Les personnes qui dirigent notre monde, puisque apparemment il en faut bien. C'est monde tout entier pendant que j'y suis. C'est moi-même un peu aussi. Parce que ce fameux deux-mille seize, cette année qui est devenue entité, que nous tenons responsable de tous nos maux, c'est nous qui l'avons créée. 



"L'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait"

Jean-Paul Sartre

En somme rien n'est écrit. Je n'aime pas croire au destin. Ou lorsque j'y crois, c'est pour le meilleur. Je suis bien utopiste me direz-vous. Je n'ai pas envie d'imaginer le futur comme un épisode de Black Mirror. Mais la mythologie grecque n'existe pas, et je ne pense pas que quelqu'un a décidé au préalable de quelle façon le monde allait tourner - en tous cas pas les sondages, là-dessus nous sommes d'accord.  

Certes, il y a des choses auxquelles on ne peut rien. Certes, il y a des choses qui sont probablement dues au hasard, ou pour les plus superstitieux d'entre vous, au satané destin. Néanmoins, il est assez facile de se rendre compte qu'il est possible de faire bouger les trucs qui restent. Avec un peu d'engagement, une pincée de jugeote, de grosses cuillerées de tolérance et une bonne dose d'amour, je suis persuadée que "ce monde de merde" comme beaucoup gens qualifient notre situation actuelle peut-être bien moins merdique si l'on y met tous un peu du notre. Des gestes anodins. De petits actes. Un sourire. Voter.

Alors, let's dance, put on your red shoes et faisons les choses biens

❤︎


GIF : Jen Lewis

© Un Sapin dans mon plac'art. Design by Fearne.